Vos rôles et vous
(Texte adapté à partir d’une conférence de David Sandler)

Exercice
Imaginez une île déserte. Il fait beau.

Vous allez y demeurer 15 minutes seulement.

Mais vous n’aurez aucun rôle comme ceux que vous avez dans votre vie.

Vous n’aurez pas le rôle de conjoint, ni le rôle de votre emploi, vous ne serez ni parent, ni enfant, ni golfeur etc.

Sur une échelle de 0 à 10 évaluez alors ce que vous êtes, sur cette île, sans ces rôles. Quelle valeur accordez-vous à ce qui reste de vous en l’absence des rôles de votre vie ?


Pensez clairement et choisissez votre chiffre.


Les réponses varient souvent de 0 à 10 car la plupart des gens s’identifient à leurs rôles et, sans eux, ils ne voient pas de valeur suffisante en eux-mêmes. Leur chiffre traduit leur concept d’eux-mêmes, leur image de soi, leur identité même.

En fait, toute réponse inférieure à 10 est fausse. Vous avez une valeur extraordinaire – chacun de vous. Vous êtes unique. Par définition, incomparable.

Vous avez été placé sur une île dans l’exercice précédent parce que vous êtes comme un île. En fait chacun de nous est une île, entourée d’autres îles, vivant dans un monde à part, qui est à nous, qui est nous.

Vous êtes arrivé en ce monde, seul, sans aucun rôle. Vos rôles ne sont pas vous; ils ont été acquis au cours de votre vie.

Mais vous avez toujours été VOUS. Vous êtes devenu un conjoint, un parent, un employé, un patron, un courtier immobilier etc. et au fur et à mesure des rôles que vous avez accumulés, vous avez accumulé les responsabilités qui venaient avec ces rôles. Vous avez passé tant de temps et fait tant d’efforts à remplir tous ces rôles et assumer toutes ces responsabilités qu’il vous est resté peu de temps pour penser à vous, à votre identité.

Vous êtes constitué de deux parties distinctes : ce que vous êtes et ce que vous faites. Vous et vos rôles.

Pourtant nous avons l’habitude de confondre ces deux parties. Et, au cours de notre vie, lorsque nous n’avons pas réussi dans un de nos rôles, nous avons fait l’erreur de penser qu’un échec dans un rôle était un échec de soi.

Vous aviez une identité de 10 lorsque vous êtes venu au monde et le succès ou l’échec dans l’un de vos rôles n’est que la mesure de votre manière de remplir ce rôle. Point. Rien d’autre. Ce n’est jamais une mesure de votre valeur à vous. Votre valeur profonde.


Comment cela influence notre comportement au travail.
On a observé trois catégories d’individus : Gagnant, Non-gagnant et Au-moins-jai.

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Gagnant : Identité de 7 à 10. Il a une bonne image de lui. Il ne remet pas en question sa valeur lorsqu’il ne réussit pas un de ses rôles comme il l’aurait souhaité.

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Non-gagnant : Identité de 0 à 3. Il laisse sa manière de remplir ses rôles influencer son identité et, en retour, sa valeur est constamment diminuée par ses échecs dans ses rôles.

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Au-moins-jai : Identité de 4 à 6. L’image qu’il a de lui varie. Il s’aime bien lorsque ça va bien dans ses rôles et il s’aime moins lorsque ça va mal. C’est un Au-moins-jai. Il dit souvent : " Je n’ai pas gagné mais, au moins j’ai pas perdu ".

En fait, cela nous amène à une constatation essentielle :

Chaque individu remplit son rôle selon la manière dont il se voit et conçoit son identité. Il ne peut accomplir son rôle que selon la valeur qu’il accorde à son identité.

Voilà pourquoi les meilleures techniques n’aideront jamais ceux qui n’ont pas une opinion favorable de leur identité. Chaque fois qu’ils réussissent à améliorer leur rôle, à réussir quelque chose de nouveau, une voix intérieure, qu’ils connaissent bien, les ramène à l’ordre et leur dit : Oui, mais, au fond, je ne suis pas si bon que ça …"


Image
Voici une image qui pourrait vous aider à visualiser ce concept.

Vous vivez dans un château bien protégé qui est vous, votre identité vraie, avec une valeur de 10. Autour du château il y a le monde de vos rôles. Chaque matin, en vous réveillant dans votre château, vous avez une valeur de 10 et vous descendez le pont levis pour accéder au monde de vos divers rôles.

Habituellement, si vous vous rappelez où est votre demeure, les choses se passent plutôt bien mais, quelques fois, des conflits surviennent, des rejets, des risques d’échec dans un de vos rôles. Et vous oubliez où vous demeurez. C’est dans ces moments-là que vous devez faire une pause, revenir dans votre château, remonter le pont levis et observer le monde des rôles et le reconnaître pour ce qu'il est, avec clarté et détachement.

Voici votre garantie : personne ne peut entrer dans votre château sans votre permission. Vous seul en possédez la clé. Sans votre autorisation, personne ne peut vous toucher, personne ne peut vous nuire ou vous dévaloriser dans votre château qui est vous et qui est toujours 10.

(Texte adapté à partir d’une conférence de David Sandler)